
Comme je vous l'ai déjà précisé, les arbres de plein vent sont beaucoup plus facile à tailler car comme ils sont en général grand, il est impensable de pratiquer une taille de fructification sur toutes les coursonnes. On se limitera donc à la taille d'entretien, c'est à dire le nettoyage des branches malingres, mortes, suppression des gourmands dont on a déjà parlé et l'aération de l'intérieur de la ramure pour laisser rentrer la lumière et le vent.
Ce que vous pouvez faire sur un poirier qui a la forme du fuseau, c'est une taille trigemme c'est à dire à trois yeux, cela vous permet d'espérer avoir des fruits tous les an et cela n'est pas difficile. En été, quand ces yeux auront donnés des pousses, ou une pousse et un dard qui deviendra un bouton floral l'année suivante. Coupez la pousse à 5 feuilles. L'hiver suivant on recoupe au plus près du dard pour la mise à fruit. S'il n'y a pas eu de création de dard, gardez le rameaux qui a la courbure vers le bas et supprimez les 2 qui montent vers le ciel. Ayez pour objectif la création d'un dard par coursonne.
Pour vous donner la mesure de la complexité d'une création de fruit, nous pouvons résumer qu'il faut environ 4 ans en partant d'un oeil vous le comprendrez mieux sur les images pour les formes palissées ci après.
Cependant, tous les 2 à 3 ans en fonction de la vigueur de l'arbre, rééquilibrez la forme si elle a tendance à se déformer et ramenez la ramure vers l'intérieur en coupant sur une courbure naturelle de branche charpentières plus proche du tronc car ces endroits sont plu riches en yeux latents dans les rides de l'écorce.
Ne pas oublier de parer à l'aide d'une serpette pour permettre la pousse d'un bourrelet qui devra couvrir la plaie, et enduire de mastic.
Ces opérations sur arbres de plein vent se font exclusivement après la descente de la sève de fin novembre à fin févier. Nous appelons cela la taille à sec.
Pour les formes palissées, il est préférable de tailler à l'approche de la floraison pour se donner toutes les chances de bien faire la différence entre le bourgeon à bois et le bourgeon à fleurs.
Nous allons maintenant passer en revu les éléments à reconnaître pour nous permettre de maîtriser la taille de fructification des poiriers et des pommiers car leur forme est identique.

La brindille couronnée est un rameau d'une quinzaine de centimètre en général qui se termine par un bourgeon renflé qui est floral et on remarquera un bourgeon à bois sur le coté.
Si la fructification a bien lieu, le poids du fruit fera plier la brindille et générera un ralentissement de la sève élaborée (celle qui retourne aux racines) qui ira irriguer et profitera aux yeux situés sur le haut de la courbure et les transformera en boutons floraux à leur tour.

La lambourde est le résultat de la transformation d'un dard, elle peut mesurer jusqu'à 6 cm et se termine généralement par un bouton à fleur qui donnera un fruit.
La coursonne que l'on ne voit pas ici mais sera visible ultérieurement est la ramification de branche charpentières ou sous charpentières.
Cet élément peut porter tous les éléments que nous décrivons ici.
Ces éléments peuvent être stériles ou non stériles (susceptible de donner un fruit dans l'année).
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Le bouton à fleur est un gros bourgeon qui se reconnaît facilement à sa taille quand on le compare aux autres.
C'est tout simplement parce qu'il renferme un bouquet de fleurs et quelques feuilles, on peut aussi observer qu'il est entouré de boutons à bois.
On trouvera aussi des yeux à bois aux aisselles des feuilles.

Le dard, qui possède de fortes chances d'évoluer vers un bouton floral mais doit être correctement irrigué par la sève élaborée.
C'est en, général l'extrémité très pointu caractéristique d'un rameau très court.
On croirait son extrémité conique façonnée à la main.
Vous avez maintenant toutes les formes principales à mémoriser ci dessus et nous aurons encore quelques images pour le processus d'évolution d'un oeil à bois vers le fruit pour bien comprendre la méthode de taille de fructification des formes palissées.

Nous allons démarrer avec un oeil à bois qui aura généré une coursonne la première année. Avec elle nous allons pratiquer comme nous l'avons fait sur la forme en fuseau, c'est à dire une taille trigemme ( à 3 yeux).
Attention de ne compter que les yeux viables car c'est le secret de votre future réussite.
Cette taille va générer un rameau à bois sur l'oeil d'extrémité (celui qui est le mieux irrigué par la sève brute, l'oeil intermédiaire formera une nouvelle brindille et le premier oeil un dard ( 1) .
C'est deux derniers doivent évoluer vers un bouton floral et donc des fruits.

Pour cela, il faut couper la nouvelle brindille d'extrémité, au dessus du premier oeil pour que le dard et la brindille qui s'étaient formés puissent profiter de la sève élaborée (celle qui redescend).
A l'étape suivante, on coupe de nouveau le rameau à bois qui s'est formé avec l'oeil d'extrémité que nous avions laissé (pour ne pas faire avorter le dard et la brindille couronnée par un excès de sève brute).
La sève brute étant l'élément nécessaire à fabriquer du bois.
Nous constaterons que le dard s'est transformé en bouton floral et la brindille en brindille couronnée (se terminant avec un bourgeon floral).

Cette troisième année peut voir l'apparition de 1 à 2 fruits sur cette coursonne.
La continuité de la fructification se fera désormais sur les bourses qui se seront formées après la mise à fruits des boutons floraux.
La quatrième année et les suivantes, doivent voir des fruits se développer sur les bourses qui généreront d'eux mêmes des boutons floraux.
Nous avons maintenant l'approche complète de la fructification d'un poirier...un pommier aura le même cheminement pour générer ses fruits.
Voilà la fructification idéale mais vous rencontrerez des coursonnes faible qui ne se développeront pas, alors il faut raccourcir la coupe comme je vous l'avais déjà dit et couper plus long si la coursonne est trop vigoureuse. (Cette règle s'applique à toutes les formes de végétaux).
Lorsque vous allez tailler votre fruitier palissé, vous aurez donc sur la partie haute la taille de formation qui sera en cors et la taille de fructification sur les coursonnes qui se seront formées dans la partie basse. Cette taille se fera à la sortie de l'hiver pour reconnaître les yeux.
Cependant sur les fruitiers palissés, vous serez obligé d'intervenir l'été ( de mai à fin août) pour la taille en vert comme on dit et cela consiste en :
- Ébourgeonnement
Enlever avec l'ongle tous les bourgeons inutiles ou en surnombre ( voir le chapitre précédent) et aussi pour espacer les coursonnes, ou pour qu'elles poussent dans la bonne direction...n'oubliez pas que c'est vous qui pilotez.
- Le pincement
A partir de juillet, coupez vos rameaux de l'année au dessus de la cinquième feuille (ce qui va freiner la végétation et de plus cette partie ne nous servira pas). Cela fera repartir la sève vers des rameaux moins favorisés. Cela doit être pratiqué sur tous les rameaux latéraux et attention surtout de ne pas le faire sur votre pousse centrale de prolongement.Sur les coursonnes pincez à 5 feuilles pour permettre à la sève de revenir plus tôt irriguer les yeux du dessous pour les aider à se transformer. Si un nouveau rameau repousse à partir du dernier oeil, recouper dès la quatrième feuille. En cas de pousse d'un rameau d'accompagnement à la fructification, coupez après la 2 ème ou la 3 ème feuille en fonction de sa vigueur.
- L'éclaircissage des fruits
Il est important de pratiquer cette opération sur les formes palissées pour ne pas fatiguer trop, pour avoir de plus beaux fruits et une meilleure production tous les ans. Réalisez l'opération dès que les fruits mal formés seront tombés. Agissez sur les groupes de fruits, ne gardez qu'un ou deux fruits en fonction de la vigueur.
- La vrais taille en vert
Elle se fait sur les sujets très vigoureux, ou si les pincements n'ont pas été effectués, coupez juste après un gros bouton floral ou si vous apercevez des dards, anticipez l'hiver et coupez comme sur la (1) et vous gagnerez un an sur ces dards pour avoir des fruits.
Réduisez de moitié les branches charpentières, supprimez celles qui sont abîmées ou mal orientées tout en respectant la forme initiale. N'oubliez pas d'habiller les plaies et de les mettre à l'abri des attaques de maladies et champignons en les badigeonnant de mastic.
Dès le redémarrage de la végétation, recommencez la taille de formation en choisissant vos charpentières.
N'attendez pas que les coursonnes dépérissent, après quelques années, si elle devient trop longue on peut profiter d'un redémarrage d'oeil à bois plus proche du tronc pour recommencer une nouvelle construction. Vous pouvez aussi tailler sur les rides formées à la jonction de la vieille coursonne car c'est à cet endroit qu'il se trouve le plus d' yeux latents.
Si vous devez rabattre une palmette, vous pouvez si le sujet est vigoureux, couper les 2 tiers toutes les branches (pour les palmettes Verrier, toujours couper plus les branches du centre qui prennent plus de sève).
Il faut, après ces coupes, "revenir sur rides" avec les coursonnes pour aller chercher les nouveaux yeux. Au redémarrage de la végétation, on reprend notre construction comme nous l'avons vu dans la taille de formation.
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