

Nous voici encore dans un chapitre que je qualifierai de facile, mais surtout très pratique à mettre en oeuvre pour les jardiniers amateurs comme les éclairés.
Il s'agit de méthodes de multiplication de végétaux applicable sur tous sur les arbustes ou arbres, qu'ils soient fruitiers ou non.
Cette technique s'emploie cependant aussi sur certaines plantes dont on a pas besoins de nombreux exemplaires. La différence entre la marcotte et la bouture, c'est que l'on effectue le sevrage par rapport à la plante mère (vulgairement appelé pied mère) dont elle aura hérité absolument toutes les caractéristiques que lorsqu'elle aura des racines. C'est donc une méthode très sure lorsqu'elle est mis en oeuvre correctement. On l'emploie donc surtout sur les végétaux difficiles à bouturer.
Il existe différentes façons de procéder et nous allons les voir ci dessous avec leurs techniques particulières à chacune.
Ce procédé est préconisé avec les rameaux flexibles plus ou moins long pour faire des petites marcottes. Cela se fait avec les noisetiers à fruits ou décoratifs, les Cornus (cornouillier), rhododendron, azalée (pour ces 2 derniers végétaux il faut de la terre de bruyère absolument), enfin chaque fois que vous avez un rameaux flexible qui ne soit pas trop aoûté (dur), vous pouvez employer cette méthode.
- Cette opération doit se faire au démarrage de la sève, disons début mars, vous pliez votre rameaux dans le sillon d'environ une vingtaine de centimètres de profondeur que vous aurez creusé à ses cotés, le remonter en le fixant à un tuteur et en maintenant le reste dans le sol à l'aide d'un crochet.
- Rebouchez le sillon avec un terreau très humifère que vous maintiendrez humide pendant toute cette période de développement des nouvelles racines. Si le bois est déjà un peu ligneux, faites de légères incisions de l'écorce sur le dessous, là où les racines doivent se développer.
- Durant l'été, les racines vont se développer et votre marcotte sera prête à être coupée et enlevée pour être replantée à sa place définitive à l'hiver prochain.
Même principe que le précédent mais réservé aux branches souples tel que clématites, lonicera, Lierre etc.
Il faut seulement enterrer une partie, ressortir une parti à l'air libre, remettre sous terre , sortir comme si il s'agissait d'un serpent qui ondulerait et la dernière partie reste en aérien.
Le nombre de marcottes correspond au nombre de passage sous terre. Pour le reste, il faut agir comme au chapitre précédent.
Cette
méthode est utilisé pour utiliser le même rameau plusieurs années de
suite et sevrer les marcottes au fur et à mesure de leur aptitude.
En tout début mars, choisissez un rameau long, enlever toutes les feuilles jusqu'à la pointe qui restera au dessus du sol attaché à un tuteur, le rameau sera couché et maintenu par des crochets dans un sillon que vous aurez creusé entre 5 et 10 cm de profondeur et recouvert de bonne terre.
Dès le printemps les yeux démarrent et dès que la pousse est suffisante, il faut mettre un terreau fin et humifère pour permettre le démarrage des racines sur ces yeux qui ont commencé à former des jeunes rameaux d'une quinzaine de centimètres.
A l'automne, dégager doucement le terreau mis en place, prélever toutes les marcottes viables et remettez le rameau relevé par le tuteur (et qui a poussé) en place pour l'année suivante en remettant le terreau comme nous l'avions fait la première année.
Voici une technique souvent utilisée par les pépiniéristes sur les portes greffes des pommiers ou d'autres végétaux d'ornement car elle permet de faire une quantité plus importante de sujets en une seule fois.
En démarrant avec les pommiers Doucins ou paradis dont je parle dans la rubrique "pommier" voir les "fruitiers", vous récoltez dès la première année de nombreux portes greffes.

- 1 Pied mère du pommier franc avec emplacement en rouge de la première taille d'hiver.
- 2 Démarrage des pousses dès le début du printemps.
- 3 A partir de juin, créer une butte en terre fine riche en humus, tenir toujours humide pour une bonne végétation et un départ rapide des racines sur les futures marcottes.
- 4 Coupe (ou Sevrage) des marcottes à l'automne après la chute des feuilles et l'enlèvement de la butte. Le scion est prêt à être planté en jauge pour sa préparation à la greffe.
Pour le poirier, le principe est le même mais un peu plus long car l'émission des racines sur les futures marcottes est plus lente. Vérifiez avant d'enlever la butte.
Facile à mettre en oeuvre sur les groseilliers de toutes variétés, hortensias, cornouillier, hibiscus, lilas, potentille, bruyères etc.
Quel que soit le fruitier ou le végétal décoratif, il est impératif de vérifier l'enracinement du sujet à sevrer, s'il y a trop peu de racines, attendez un an de plus pour assurer une bonne reprise plus tard. Certains végétaux d'extérieur peuvent mettre plusieurs années avant d'avoir un chevelu suffisant pour effectuer son sevrage avec 100% de sécurité.
Le
marcottage aérien a
été longtemps la panacée de la multiplication
du ficus élastica et des crotons, des Schefflera et Cordylines diverses
dans les plantations d'Afrique avant que l'on ne mette au point les
multiplications in vitro ou les bouturage sous brouillard chaud (FOG)
(Situation tropicale).
Cette méthode a cependant l'avantage de pouvoir fournir directement de grands sujets pour être replantés. Je vous conseille d'employer cette méthode sur vos plantes d'appartement car dehors l'hiver perturbe beaucoup cette application qui est donc à réserver à des cas où vous ne pouvez pas faire autrement et prévoyez le sur 2 ans avant le sevrage.
Vous pouvez voir à gauche, l'aspect final de de votre préparation pour permettre le développement des racines.
Voyons ce que nous avons fait pour en arriver là.

Comme il s'agit de provoquer l'émission de racines au milieu d'une tige, nous pouvons avoir recours à deux stratagèmes.
- Le premier, est de faire une, de préférence deux entailles dans la tige à l'aide d'un greffoir, cela sur 2 cm de longueur et à 0,5 cm de profondeur. Celles ci peuvent se faire une de chaque coté de la tige aussi.
Il faut garder ces cicatrices ouverte à l'aide de terreau ou un morceau de papier aluminium à glisser dans l'entaille,sinon elles guérissent et ce frein à la sève élaborée est supprimé.
Voilà une première technique qui peut être appliquée sur des tiges épaisses. Si vous devez marcotter des tiges plus fines il faut employer le second cas de figure.

Pour les tiges les plus fines, il faut créer tout autour de votre tige à l'aide du greffoir, un barrage à la sève descendante (élaborée) pour l'obliger à générer des racines : processus compliqué que je n'aborderai pas ici, voir wikipédia pour la transformation de la composition de la sève.
Dans les deux cas, une fois que ces opérations sont réalisées, il faut faire une papillote comme sur notre première image et mettre à l'intérieur un bon terreau humifère ph 6 6,5 sur marcotte de plantes de terre de bruyère. Bien humidifier ce terreau et n'utiliser que du plastique opaque pour cacher totalement la lumière. Serrer les liens autour de la tige pour éviter la déshydratation du substrat.

Voici l'image finale du résultat que vous devez obtenir pour rempoter votre marcotte dans un pot à votre convenance après son sevrage du pied mère.
Ce résultat s'obtient, en fonction de l'humidité, de la chaleur ambiante ( + 20° mini au mieux).
Comme il est difficile de démonter le dispositif pour voir l'état de l'enracinement et que cela mettrait en danger la température et l'humidité ambiante dans votre papillote, je ne peux que vous conseiller d'attendre au moins deux mois pour obtenir une belle motte de racines blanches.
Sinon jetez un petit coup d'oeil en enlevant le lien du haut et en ouvrant très légèrement votre plastique noir.
Globalement, pratiquement tous les végétaux peuvent se marcotter, d'une façon ou d'une autre, cependant faites toujours le parallèle avec un bouturage et choisissez la méthode qui est pour vous la mieux appropriée.
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