

Bel exemple de multiplication de géranium (Pélargonium zonale) en pot panier tourbe appelé "jiffy seven" qui est un matériel professionnel.
Ci dessus vous pouvez voir une serre de multiplication professionnelle pour végétaux où l'on utilise un brouillard dont je vous parle souvent qui empêche les feuilles de se déshydrater et de ne plus pouvoir assurer leur fonction d'échange en allant chercher dans leur réserves avec l'atmosphère qui est l'élément essentiel pour générer des racines et devenir viable.
Il est possible de trouver aujourd'hui dans les jardineries spécialisées, des pastilles en tourbe pressée qui une fois humectées, donnent ce panier en tourbe.
Le bouturage est l'action de prélever sur un pied-mère une partie de ce végétal et de le maintenir en vie jusqu'à qu'il soit en mesure de subsister seul et de reformer un pied-mère.
Mis à part la bouture de racines, on s'aperçoit que tout commence par l'émission de racines avant de pouvoir constituer le bois de la tige et faire grandir, c est donc ce point qu'il faut soigner pour augmenter la réussite de votre bouturage
AVANTAGES
Cette technique possède l'avantage de pouvoir reproduire à l'identique toute partie d'un végétal (très utile lors d'une mutation accidentelle qui produirait un sujet d'exception). C'est une multiplication qui crée des sujets génétiquement identiques.
Elle permet la multiplication de plantes qui ne donnent pas de graines (lors d'introduction de plantes dont les insectes qui doivent les féconder ne sont pas présents. Ou si la plante doit vieillir trop longtemps pour se mettre en fleur et pouvoir être fécondée.
La culture est aussi beaucoup plus courte que par le semis, ou le greffage.
INCONVÉNIENTS
Il y existe des végétaux dont le bouturage est plus difficile et cette multiplication est plus limitée en nombre que le semis.
Si le pied-mère est malade (bactéries ou virus), il retransmet sa maladie ou ses carences d'où la nécessité absolu de choisir les meilleurs pieds-mère possible.
Risque de dégradation génétique avec accumulations de virus et bactéries (plantes de plus en plus fragiles si on ne rénove pas suffisamment vite sa plante mère.
Les boutures prises sur pieds-mère anciens reprennent plus difficilement
Quand on analyse au
microscope la tête de notre bouture et sa
projection sur l'ensemble de la plante, on s'aperçoit qu'il existe une
analogie entre la cellule humaine et la cellule végétale qui évolue en
fonction de sa position sur la plante et donc du rôle qu'elle doit
jouer. En gros, ces regroupements spécifiques s'appelle des
"méristèmes" nous
reparlerons de ces méristèmes dans un autre chapitre où il sera
question de boutures de méristèmes. Pour plus d'informations, je vous
renvoie vers les livres de biologie cellulaire.
A l'origine, vous avez la rencontre d'un méristème que j'appellerai "tige" ( caulinaire) pour le développement aérien et "racinaire" pour le développement des racines. Le premier stade de reconstitution d'une plante entière avec reconstruction d'un système racinaire s'appelle la Rhizogenèse.
- La température dépend du végétal à multiplier mais celle du sol ne doit pas être beaucoup différente de la température ambiante (2 à 3° pour le mieux).
D'une manière générale, les végétaux se multiplient correctement quand on le fait dans des températures similaires à celles de leur pays d'origine. Les végétaux issues des pays chaud se multiplient à chaud, ceux des pays tempérés à leur température de croissance.
- L'hygrométrie est un facteur très important car la bouture n'ayant pas de racines par définition, ne peut pas se réhydrater dans le sol. Elle craint donc l'assèchement et demande donc une bonne humidité constante à plus de 80% et pour éviter la transpiration par les feuilles, on en diminue le volume de plus de la moitié comme nous le verrons plus tard.
D'autres techniques sont aussi employées tel que la mise à l'étouffée pour créer l'effet de serre que connaissent déjà ceux qui suivent l'édition des pages sur "nos plantes d'appartement" où je donne les meilleures méthodes pour les multiplier.
Je vous en rappelle brièvement les principaux aspects, laisser cicatriser légèrement la bouture, l'emploi d'hormones n'est pas obligatoire, le support doit être choisi avec précautions comme pour le semis parmi les mêmes composants. Arrosez et enfoncez les dans le sol jusqu'à la base de la première feuille, mettez une fine feuille de plastique autour pour les mettre à l'étouffes, retourner le plastique tous les deux jours en les aérant 30 minutes. Pas de plein soleil.
Il existe aussi pour les professionnel le Mist-system ou fog ou brouillard artificiel qui enveloppe constamment les feuilles ce qui entraîne à bonne température une réussite à pratiquement 100% et très rapidement. Ils utilisent également en pulvérisation un anti-transpirant qui crée une pellicule sur la feuille.
- La lumière devient un facteur majeur l'été lorsque la lumière directe est trop vive et fait monter la température de façon excessive. Ombrez de préférence à cette époque de l'année, si vous bouturez l'hiver faites que la durée du jour fasse au moins 10 heures sinon il faut apporter de la lumière du jours (voir dans outillage)à raison de 100 watt au mètre carré (ou 10 000 Lux) pour assurer le maintient en état végétatif.
Si vous bouturez des plantes sensibles au photopériodisme ( j'en ai déjà parlé dans "nos plantes d'appartement" pour les chrysanthèmes et les poinsetia, ) c'est à dire que le raccourcissement du jour induit la floraison. Il faut également éclairer pour les maintenir en état végétatif. A titre d'information, les professionnels apporte en même temps du CO² pour améliorer le rendement.
- Le substrat (ce qui sert de support de culture), doit être fin, désinfecté avec un ph en rapport avec l'idéal de la plante mère, aéré avec une porosité idéale et en même temps garder une bonne humidité. J'ai déjà abordé ce problème dans le chapitre réservé aux semis voir ...ici.
Pour revoir les principaux supports pouvant être employés seuls ou en mélange entre eux pour former le substrat idéal en fonction de la variété à bouturer.
Il existe de nombreux produits stimulant la croissance et à fortiori pour accélérer l'émission des racines: les plus connu sont la ROOTONE et L'EXUBERONE es produits sont souvent vendus en poudre mais on peut également les trouver sous forme liquide. à diluer dans l'eau à plus ou moins faible dose. Plus la bouture est ligneuse (boisée) plus le dosage est fort; plus la bouture est herbacée (tendre) plus le dosage est faible. Quand il s'agit de liquide, c'est la durée du trempage qui varie. Cela existe même en cachets à dissoudre.
Cependant si la bouture est faites au bon moment dans les meilleures conditions choisies ci dessus, les hormones ne sont pas obligatoires au stade privée. Le mauvais dosage fait plus de mal que de bien.
Concernant les conifères courant, bouturer fin juin, début août et fin septembre. Cela rejoint en gros les époques de bouturage des ligneux pour qui ma préférence va à partir du moment de la chute des feuilles à l'installation de l'hiver.

Sur cette image, je profite de l'occasion pour vous aider à faire le choix de la partie à prélever pour mettre toutes les chance de votre coté. Nous aurons plus tard en fin de chapitre la méthodologie de mise en oeuvre d'un bouturage.
- 1 voici la bonne bouture, elle n'est pas trop ligneuse, ou trop herbacée.
- 2 Bouture trop ligneuse, se repaire à sa couleur trop foncée.
- 3 Bouture trop herbacée, vers la tête du rameau ( on en voie encore les feuilles, cette photo ayant été prise début octobre), la couleur est de plus en plus claire et la tige de plus en plus tendre.

Notre manière choisie pour le bouturage ne lui conviendrait pas en l'occurrence, nous allons bouturer ce Weigelia cet automne et il sera possible de le replanter l'année prochaine après l'arrêt de la végétation.
Cette méthode est surtout utilisée pour les arbustes et arbres d'ornement et on la pratique également sur les Yucca, les Dracaena et les Cordylines.
Nous l'utiliserons aussi pour les porte-greffe des pommiers, pruniers, cognassiers, toutes les variétés de groseilliers.
Les boutures à talon sont décrochées du support à la main, la plaie assainie au greffoir.
Les boutures en crossette sont coupées au sécateur pour les détacher du rameau support. Cette pratique ancienne est de plus en plus abandonnée au profit de la précédente.
- Boutures herbacées
Ce genre de bouture se fait sur les pieds-mère en pleine végétation, elle peuvent se faire toute l'année si votre plante reste en végétation chez vous par exemple. On utilise l'extrême bout du rameau. Ci dessous un bouturage de pélargonium Mrs Strang, à remarquer: les endroits de coupe, la taille de la bouture, le nettoyage pour ne garder qu'un minimum de feuilles et surtout laisser cicatriser au frais quelques heures avant le rempotage.

Quelques exemples de plantes pouvant être multipliées comme cela: Plante florales: Coléus, chrysanthème, irésine, pélargonium, Diffenbachia, hibiscus,hortensia, bruyères, scindapsus, fatshedera etc
plantes vivaces: campanule, oeillet, phlox, potentille, veronique, salvia, aster etc.
arbres fruitiers: Prunus amydalus, avium et persica.
- Boutures semi-herbacées ou semi-ligneuses
Il s'agit ici du bouturage qui se fait sur les plantes qui ont déjà commencées leur aoûtement pour des raisons impératives de dates de bouturage pour que la future plante soit prête en temps voulu.
Cela se fait sur le fuchsia, certaines bruyères et certains géraniums.
- Boutures ligneuses
Il s'agit ici de végétaux naturellement ligneux sur lesquels on intervient en automne et début hiver tel que le houx, le laurier "cerise", les conifères (Thuya, Taxus, Juniperus, Picea, Chamaecyparis et autres) de préférence en bouture petites et à talon.
Il peut y avoir des boutures avec un bourgeon terminal plus une feuille que l'on nomme bouture de tête.
Bouture avec plusieurs yeux et une ou deux feuilles: pour certaines espèces tel que le philodendron monstera, Dracaena, Diffenbachia , Hédéra et d'autres on enlève même les feuilles pour favoriser la reprise et les morceaux de tige sont alors allongés avec le sol arrivant au ras de la hauteur de cette tige.
Autres exemples de végétaux à bouturage de tronçons feuillés : Aucuba, buis, Camélia, Evonymus, Spirée, Pyracantha etc...
Ici une méthode qui n'est pas répandue, elle s'applique cependant aux plantes qui ont leurs feuilles face à face.
Il y en a une très connue, hydrangea ou hortensias et il y aussi l'Aphelandra qui nous offre de belles fleurs jaune en forme de Pagode.
Vous prenez une bouture de tige et vous la coupez en deux dans le sens de la longueur et les deux boutures se plantent droites.
Ces plantes se multiplient aussi par bouture de tête en réduisant les grandes feuilles des trois quart pour éviter la transpiration.

Comme vous pouvez le voir ci dessus, il y a différentes façon de faire ces boutures et cette façon de faire s'utilise généralement sur les plantes acaules (Ainsi appelé parce qu'elles n'ont pas de tige, les feuilles partent d'un coeur comme pour faire une rosace ou autre forme).
- 1 Nous avons le morceau coupé et planté debout, ici en l'occurrence il s'agit d'un sanséviéria, je profite de l'occasion pour vous redire que l'on ne peut pas multiplier de feuillage panaché de cette façon, le rejet est toujours vert: la pigmentation ne se retransmet pas par la bouture de feuille.
- 2 Feuille entière appliquée au sol et dont on cisaille les nervures principales pour inciter les racines et les rejets à repartir de cet endroit. C'est la méthode utilisée pour le bégonia rex.
- 3 Demi feuille ou tronçons découpés sur la largeur, la demi feuille se repique verticalement, tandis que les tronçons sont allongés à plat sur le substrat. Cette méthode est employée sur le Streptocarpus par exemple.
- 4 Voila une petite feuille de Bégonia Rieger dont on a découpé les morceaux inutiles mais qui risquent de créer des points de pourriture. Le petit morceau de tige peut être enfoncé à plat dans le substrat avec la feuille légèrement relevée. On utilise aussi cette méthode pour bouturer les Saintpauléa et les rejets sortent au point de jonction de la tige et de la feuille. Peut aussi se faire avec Peperomia, Sedum ou autres succulentes.
- 5 Morceau de feuille découpé dans une feuille épaisse et mis à plat sur le sol pour le développement de rejets qui se fera à l'endroit de la coupure des plus grosses nervures.
De manière générale, choisissez une feuille saine, pas trop jeune ni trop vieille et
représentative du pied mère, recoupez la tige ou incisez la feuille avec un outil que vous aurez stérilisé en le plongeant dans une eau javellisée.
Cette méthode s'utilise avec des plantes en arrêt végétatif, à l'arrachage et on prélève alors des racines moyennes. On coupe le bout trop fin, on découpe des tronçons de 3 à 4 cm que l'on mettra debout dans un pot rempli de substrat et les diamètres moyens sont coupés en tronçon de 5 à 7 cm et couchés dans une tranchée du diamètre des boutures. Vous pouvez multiplier des Clérodendron, des Paulownia, Callicarpa, Rubus Hypericum etc...
Cela se fait aussi avec les draceana Finistralis (plante d'appartement et d'extérieur) quant on les change de pot mais uniquement avec la racine principale.
Cette méthode, de plus en plus employée par les professionnel dans des établissements spécialisés, vous offre la certitude d'avoir des plantes saines indemnes de maladies ou virus. Employée sur gerbera, rosiers, ficus, arbres pour le reboisement de pays du tiers monde etc... Cette méthode vous sera expliquée dans le chapitre "In vitro" et autres méthodes .
En conclusion, nous allons énumérer les démarches successives en mettant l'accent sur les gestes à faire et les danger à éviter.
- Choisir un sujet sain et définir en fonction de la variété, l'époque et la méthode à choisir pour sa multiplication. Pour les herbacées, pas d'époque, la plante doit être en végétation. Pour les semi-ligneuses,les faire fin de l'été à l'automne. Pour les ligneuses, c'est à faire avant l'hiver et à protéger du gel.
- préparer le substrat dans le pot, la caissette préalablement désinfecté et effectuer un arrosage contenant une faible quantité de fongicide pour empêcher la croissance de champignons.
- Prélever les souches avec un greffoir ou tout autre objet coupant et bien désinfecté à laide de mélange d'eau et de javel. Prendre au bon endroit, pas trop vieux ni trop jeune sauf pour les boutures herbacées. La coupe se fait 5 mm légèrement en biais au dessus d'un oeil et la même chose sous un oeil pour le dessous. Pour les boutures herbacées, la coupe est nette et droite. Pour les conifères, petites boutures ordinaire ou à talon de 10 à 15 cm à tremper dans des hormones et prélevées de préférence de fin juin à fin septembre (après la grosse pousse).
- Nettoyer les boutures à la mise en place, mettre des hormones ou non le cas échéant.
- Mettre vos boutures en place, pour les semi ligneuses et herbacées, il faut pouvoir contrôler la température et l'hygrométrie en les mettant sous plastique transparent ou autre (effet de serre très important pour les herbacées de 12° 20 22° selon les variétés).
- L'hygrométrie doit être supérieure à 80 % pour éviter la transpiration des feuilles.
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